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5.22.2021

La disparition forcée est une pratique du terrorisme d’État : la police colombienne a fait disparaitre des centaines de personnes en un mois

La disparition forcée est une pratique du terrorisme d’État : la police colombienne a fait disparaitre des centaines de personnes en un mois

Par Cecilia Zamudio

 

L’artiste colombien Cizañero a réalisé ce dessin suite à l’apparition, dans un sac, de la tête coupée d’un jeune homme que la police colombienne avait fait disparaitre il y a quelques jours. Plusieurs corps de manifestants qui ont été arrêtés -et que la police colombienne a fait disparaitre- ont commencé à apparaître, flottant sur les rivières de Colombie et dans des fosses clandestines. La Colombie subit une brutale répression d’État. Le peuple colombien est en grève générale depuis plus d’un mois au niveau national, pour protester contre l’exploitation et le pillage capitalistes. Une grève que la classe bourgeoise et le capitalisme transnational prétendent stopper par la répression exercée par l’État colombien. La police procède à des milliers d’arrestations pour tenter d’étouffer la contestation sociale. Les forces répressives capturent les manifestants et vont même dans les maisons pour kidnapper les jeunes : ou pour les poursuivre en justice sous les montages judiciaires réitérés que l’État colombien utilise pour réprimer la contestation, ou pour les faire disparaître.

Les organismes de défense des droits de l’homme déclarent qu’il est très important que les personnes arrêtées tentent de crier leurs noms et prénoms et que le voisinage s’efforce de filmer les faits, pour tenter d’éviter que les personnes kidnappées par la police ne soient victimes du crime d’État de disparition forcée. Les personnes que la police a fait disparaitre depuis plus d’un mois de grève générale sont signalées par centaines (Le bureau du Défenseur a signalé 548 personnes disparues au niveau national au 7 mai, l’Unité de recherche a signalé 379 personnes disparues pour la période allant du 28 avril au 7 mai. Rien qu’à Cali, Les organismes de défense des droits de l’homme signalent 206 personnes disparues entre le 28 avril et le 20 mai). Parmi les certaines de personnes kidnappées par la police, la plupart restent « disparues » et quelques corps sans vie ont été retrouvés. Les corps de deux jeunes garçons enlevés par la police le 28 avril sont apparus au début du mois de mai flottant sur la rivière Cauca ; en mai est également apparu le corps sans vie d’un leader paysan et le corps de l’institutrice et syndicaliste Beatriz Moreno Mosquera, avec des signes de torture. D’autres corps de manifestants torturés sont également apparus, flottant sur les rivières, certains dans des fosses et d’autres démembrés dans des sacs, comme le montrent les vidéos et les photographies que la population, enregistre, horrifiée.

La disparition forcée est une pratique du terrorisme d’État que les forces répressives de l’État colombien emploient intensivement contre la population depuis des décennies, et qu’elles emploient avec un acharnement particulier pendant cette grève générale : Cette pratique sème la terreur et dévaste les familles et les communautés.

Le peuple colombien exige que l’État colombien rende les centaines de personnes disparues : ceux qu’il détient encore vivants dans les commissariats, bataillons militaires, entrepôts ou maisons clandestines de la police, qu’il les rende, et que cesse la barbarie policière de la disparition forcée. Les personnes que la police a enterrées dans des fosses communes et jetées dans les rivières continueront d’être recherchées et réclamées inlassablement par leurs familles, leurs communautés, et par tout un pays qui ne va pas permettre "la disparition des disparus". Ils nous les ont arrachés parce que c’étaient des personnes dignes qui se sont battues pour toutes et pour tous, nous ne permettrons pas que leurs noms soient oubliés, et encore moins que leur lutte s’éteigne. Le terrorisme d’État ne réussira pas à faire taire la lutte sociale d’un peuple lassé de l’exploitation, de la précarité et du pillage capitaliste. La Colombie pleure, la Colombie souffre, mais ne se rend pas.

Les forces répressives de l’État colombien, déchaînées pour étouffer la contestation sociale par le sang et l’extermination, interviennent même sans porter d’insigne, tirant sur la population avec des 9 millimètres et des fusils de guerre, lançant des lacrymogènes périmés (ce qui les transforme en poison mortel) même directement contre les petites maisons des quartiers ouvriers, blessant et assassinant. La police continue chaque jour et chaque nuit à kidnapper des garçons pour les faire disparaître. Elle est allée jusqu’à transformer un centre commercial, à Calipso, en centre policier de tortures (l’entrepôt Éxito, propriété du groupe capitaliste français Casino et de la bourgeoisie colombienne). Le terrorisme d’État en Colombie assassine la population pour avoir protesté contre la violence structurelle qui jette des millions de personnes dans l’appauvrissement le plus cruel, pour qu’une poignée de multinationales et d’exploiteurs locaux accroissent leurs fortunes. L’or que la bourgeoisie internationale et colombienne mange dans ses assiettes "exquises" porte incrustés la douleur et le sang de tout un peuple.

Malgré la répression brutale déclenchée par l’État colombien à travers ses instruments policiers, militaires, para-policiers et paramilitaires, à plus d’un mois de grève générale au niveau national en Colombie, les mobilisations se poursuivent massivement. La classe ouvrière, qui en a assez de l’exploitation, refuse le paquet de privatisations du gouvernement de Duque, qui prétend accroitre la privatisation des retraites, de l’éducation, de la santé, refuse également une "réforme du travail" qui va entraîner une nouvelle réduction des droits du travail, refuse une "réforme fiscale" qui vise à augmenter les impôts sur la classe ouvrière, tout en accordant des exonérations d’impôts aux multinationales et à la bourgeoisie. Le peuple exige que cesse la précarisation de ses conditions de vie, que cesse la persécution politique de la part de l’État, que cessent les pulvérisations au Glyphosate, le Fracking, les concessions aux multinationales minières qui dévastent montagnes et rivières, etc. Les raisons de la mobilisation sont très profondes et percutantes : c’est ce qui explique la durée de la grève générale et la résistance populaire malgré la répression colossale.

Le régime colombien veut faire taire le peuple en l’assassinant et en le faisant disparaître, en le calomniant et en lançant des mensonges en rafale à travers les grands médias de désinformation massive; il compte sur le silence complice et le travail manipulateur des médias appartenant à la bourgeoisie locale et transnationale. Même les réseaux sociaux rendent difficiles les publications et censurent les vidéos qui témoignent de la répression génocidaire et des raisons profondes de la grève, et en plus l’État colombien bloque la liaison internet régulièrement.

Les organisations internationales ne se sont prononcées que de manière très limitée sur la répression meurtrière de l’État colombien : parce c’est un État ami de l’impérialisme étasunien et européen, qui possibilite le plus grand pillage des ressources de la Colombie, précisément par le biais de l’extermination. Ils prétendent étouffer le cri d’un peuple. Mais ils n’y parviennent pas : le régime génocidaire, au service du plus grand pillage capitaliste de la Colombie, ne peut rien contre le peuple uni. Il ne parvient pas à étouffer la grève, ni par le terrorisme d’État, ni par le matraquage de mensonges.

Le peuple colombien vient d’accomplir un mois de grève générale nationale, avec beaucoup de solidarité entre la classe ouvrière, avec beaucoup d’organisation et de courage. L’organisation et solidarité de la classe ouvrière s’exprime dans les des barrages de routes comme la Panaméricaine, les blocages de grands ports comme le port de Buenaventura, les blocages des voies d’extraction par lesquelles les multinationales acheminent les immenses richesses de la Colombie vers leurs cargos de pillage (comme dans la plus grande mine de charbon à ciel ouvert du monde, El Cerrejón), la grève de camionneurs, les manifestations de masse, les créations et ateliers artistiques, les ateliers productifs populaires, les marchés paysans solidaires, les rencontres, les assemblées, La Minga indigène, afro et paysanne, les marmites communautaires, les « Mamás Capucha » (mamans cagoule), les combats de rue pour défendre le droit de manifester contre les assauts de la police, les brigades médicales, les brigades pédagogiques, la première, deuxième et troisième lignes, etc.  La grève continue parce que la classe ouvrière exige des conditions de vie décentes.

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Les chiffres de la répression brutale déclenchée par l’État colombien contre le peuple en grève générale :


• Plus de 70 manifestants ont été assassinés par la police, l’ESMAD, les militaires et les paramilitaires en coordination avec la police en un mois. 52 manifestants assassinés par la police entre le 28 avril et le 20 mai, selon l’organisation Defender la Libertad. Et plusieurs personnes assassinées par des agents infiltrés de la police opérant sans uniforme, ou des policiers en uniforme opérant en collaboration avec des paramilitaires.

• Des centaines de personnes ont été victimes de disparition forcée, un crime d’État contre l’humanité. Les personnes que la police a fait disparaitre en un mois de grève générale sont signalées par centaines. Le bureau du Défenseur a signalé 548 personnes disparues au niveau national jusqu’au 7 mai. L’Unité de recherche, après avoir reçu les plaintes et compilations de 26 organisations sociales, a remis ses statistiques pour la période du 28 avril au 7 mai : 379 manifestants seraient portés disparus jusqu’à cette date. Rien qu’à Cali, des organisations de défense des droits humains tels que Les « Rechercher Pour les Trouver » signalent 206 personnes disparues entre le 28 avril et le 20 mai.

• Des milliers de personnes ont été blessées par les actions de la police et d’autres forces répressives. Des dizaines de personnes ont eu leurs yeux mutilées par la police (Temblores a signalé 39 victimes de lésions oculaires au 20 mai). 

  • Des dizaines de défenseurs des droits de l’homme agressés.

• Au moins 21 femmes victimes de violences sexuelles commises par la police. On a seulement connaissance des cas qui ont pu être signalés (rapport de l’organisation de défense des droits de l’homme Temblores, au 20 mai).

• Des milliers de personnes sont détenues, en grande partie par des procédures arbitraires, et soumises à la torture et à des traitements cruels et inhumains.

• 2905 cas de violences policières entre le 28 avril et le 20 mai (Temblores).

• De même, la poursuite de l’Extermination perpétrée par les forces répressives (officiers et para-officiers) contre les organisations sociales, s’est poursuivie pendant la grève : entre le 28 avril et le 18 mai, 9 leaders sociaux ont été assassinés et 2 anciens guérilleros des Farc qui avaient participé à l'"Accord de paix"). De plus, 9 personnes ont été massacrées par les forces répréssives, le 31 mai à Algeciras, Huila, dans une ferme appartenant à la famille d’un ex-guérillero des farc. Un génocide planifié depuis les plus hautes sphères, suit son cours.

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Début juin 2021: chronique d’une grève générale historique et de la répression déclenchée contre elle par un régime qui fait perdurer le plus grand pillage capitaliste de la Colombie, précisément par l’Extermination.

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VIDEOS : quelques-unes des terribles images des personnes disparues, torturées et assassinées par la police colombienne. Merci aux pages de médias alternatifs de télécharger les vidéos et les charger à nouveau sur leurs pages, pour essayer de briser la censure qui couvre l’extermination.
 







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Texte original écrit en espagnol, traduction pour ce texte par Rose Marie Lou   
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4.17.2020

Écofascisme au temps du coronavirus


Écofascisme au temps du coronavirus

Nous assistons à une prolifération croissante de théories écofascistes et eugénistes, qui bénéficient de tout le soutien des grands médias, car elles sont une arme importante dans la guerre contre la capacité de compréhension de la réalité, que ne cesse d’avancer la classe dominante contre la classe exploitée. La guerre d’aliénation, de colonisation des esprits, est un élément fondamental pour le maintien de la situation de profonde injustice sociale et de déprédation contre l’humanité et la planète. C’est la raison pour laquelle est répétée à l’infini l’hypothèse anti-scientifique selon laquelle « l’humain est mauvais par nature », le mantra constant médiatisé dans tous les formats est : « les humains sont la peste, ils méritent le pire ». Cette rengaine est répétée même en pleine pandémie de Covid-19, face aux milliers de morts causées para la combinaison entre Coronavirus et Capitalisme. Des milliers de morts qui auraient pu être évitées, mais se sont produites et se produisent à cause de systèmes de santé précarisés et privatisés (manque d’hôpitaux, de personnel de santé, d’équipements de protection anti-contagion, manque de machines de respiration assistée, etc.). L’ obligation imposée aux travailleurs de secteurs non indispensables d’aller travailler pour préserver les gains du patronat (au détriment de la population), contribue également à l'expansion de la contagion.
Au lieu de dénoncer la responsabilité du système socio-économique capitaliste dans la déprédation et la dévastation de la nature, l’écofascisme promu par la bourgeoisie sème la confusion pour que ne soient pas identifiées les responsabilités concrètes de tant de barbarie. Les théories malthusiennes selon lesquelles c’est en éliminant autant d’humains que possible, que la planète sera "sauvée", ont été abondamment promues, et sont aujourd’hui liées à l’impérialisme le plus raciste, néocolonial et prédateur, liées avec des multinationales minières et énergétiques et même avec le complexe militaro-industriel, qui s’embusquent souvent derrière leurs fondations avec étiquetage "écologique" (dans le comble du cynisme). Les théories eugénistes et autres venins prétendent supplanter la prise de conscience sur la réalité qui nous afflige.

La "peste" pour la planète ce ne sont pas les millions de petits paysans et d’indigènes dépouillés par les multinationales minières et agro-industrielles, ce ne sont pas non plus les travailleurs, la classe exploitée dans un modèle productif aberrant qui dévore nos vies et empoisonne même la nourriture. La peste, c’est la classe exploiteuse et son système criminel dans lequel une poignée accumule des fortunes sur l’exploitation de la classe ouvrière et sur le pillage de la planète. La peste, c’est le capitalisme, système dans lequel même la santé est conçue comme une simple "marchandise", avec les catastrophiques conséquences que nous pouvons ressentir dans notre propre chair.

La peste c’est un système qui promeut (à travers les mass media, propriété de grands capitalistes) la consommation parasitaire ; un système qui permet le crime de l’obsolescence programmée (vieillissement prématuré des choses programmé depuis leur production, pour forcer à en acheter d’autres). La dictature du capital impose toute aberration qui lui soit nécessaire pour accumuler des fortunes, transformant ainsi la planète en dépotoir.


La peste c’est un système dans lequel les moyens de production sont entre des mains privées et non entre des mains collectives. Si les moyens de production étaient entre des mains collectives, nous serions, en tant que travailleurs, ceux qui déciderions ce qu’il faut fabriquer et comment le faire, et le bien de la collectivité prévaudrait et non le profit de quelques-uns. Nous travaillerions dans de meilleures conditions et pendant moins de temps, et il nous resterait du temps pour vivre pleinement, pour étudier et grandir émotionnellement et intellectuellement, personne ne serait privé de conditions de vie dignes. La technologie serait mise au service de notre émancipation et non de notre soumission. La recherche scientifique serait axée sur la recherche de remèdes contre les maladies, et non sur le mensonge criminel de l’obsolescence programmée ou sur le développement des armes. La recherche scientifique ne serait pas subordonnée à la volonté des multinationales, qui empêchent la mise en production de certains médicaments qu’elles n’estiment pas "rentables", car leur objectif est de faire du profit sur la souffrance de millions de personnes.


Si les moyens de production étaient entre les mains de la collectivité, la santé, l’éducation, le logement, la culture, l’harmonie métabolique avec notre mère Nature, seraient des droits universels effectifs, et non des sources de profit pour une poignée, et non des privilèges comme ils le sont, dans les faits, dans le capitalisme. Nous construirions (par exemple) des respirateurs artificiels en suffisance et non des armes. Mais dans le capitalisme, les armes sont indispensables aux États bourgeois pour équiper les forces de répression et réprimer ainsi la contestation sociale contre tant d’injustice ; elles sont également nécessaires à la bourgeoisie pour déclencher ses guerres impérialistes par cupidité. Dans le capitalisme, les hôpitaux, les médecins, le personnel, les moyens, les tests, les équipements de protection contre la contagion sont insuffisants, tandis que les forces de répression sont abondantes et hyper équipées pour réprimer et soumettre. Si la classe ouvrière possédait les moyens de production, aucune épidémie n’emporterait autant de vies, parce que nous déciderions que la santé est la priorité... Mais nous subissons un système capitaliste qu’il nous faut encore abolir.

Le capitalisme pille la nature et l’être humain, dégrade les relations, normalise l’exploitation, érodant la capacité d’empathie au point de tout concevoir comme "jetable". La peste c’est ce système qui promeut le racisme, le machisme, la xénophobie, l’individualisme, l’hédonisme et tout paradigme d’oppression et de soumission qui soit utile à la bourgeoisie pour diviser la classe exploitée et ainsi perpétuer son oppression. La peste c’est un système basé sur l’exploitation, qui banalise jusqu’à la torture pour que les pratiques qui le soutiennent soient perçues comme "normales".
La peste c’est un système qui déclenche des guerres impérialistes pour que le capitalisme transnational pille les ressources des pays envahis, provoquant la destruction, des millions de morts, l’exode dantesque des populations... tout en fonction de remplir les poches d’une poignée de criminels capitalistes. « Le capital vient au monde dégoulinant de sang et de boue par tous les pores »[1], écrivait un Monsieur barbu que jusqu’à ce jour les bourgeoisies cherchent à proscrire, en raison de son intelligence lucide mise au service de l’émancipation des peuples. « La découverte des gisements d’or et d’argent d’Amérique, la réduction en esclavage, l’extermination et l’ensevelissement dans les mines de la population indigène, le début de la conquête et du pillage des Indes orientales, la transformation du continent africain en terrain de chasse d’êtres humains noirs afin de les rendre esclaves : tels sont les faits qui marquent l’aube de l’ère de production capitaliste. » écrivait Marx, au sujet de l’accumulation primitive du capital [Ibid.]. Sur le génocide et la spoliation, sur la barbarie de la colonisation, des fortunes colossales ont été accumulées par l’élite aristocratique et bourgeoise européenne, tandis que la bourgeoisie esclavagiste s’est consolidée dans les colonies de peuplement comme les États-Unis. Actuellement, parmi les plus grandes fortunes de la planète, se trouvent encore les descendants des vautours majuscules de l’Histoire coloniale, qui se joignent à des vautours aux racines plus récentes pour poursuivre le pillage.

Le capitalisme transnational poursuit aujourd’hui le pillage de l’Afrique, de l’Asie et de l’Amérique latine, causant génocides et écocides, appauvrissant des millions de personnes... Puis il crée des forteresses autour du butin pillé par les métropoles capitalistes (comme l’Union européenne ou les États-Unis) : l’impérialisme veut extorquer les richesses, mais rejette les personnes dépossédées par sa rapine, les forçant à des trajets migratoires de cauchemar et à subir l’esclavage moderne si elles parviennent à arriver. Des millions de femmes et hommes originaires de la périphérie capitaliste sont acculés, à cause de lois d’immigration qui violent les droits humains, à subir les pires exploitations dans les pays du centre capitaliste, comme travailler aux pièces dans l’industrie agroalimentaire dans des conditions de travail et de logement inhumaines, ou se voir contraintes (dans le cas des femmes) à subir l’exploitation monstrueuse qu’est la prostitution. C’est le pillage des corps humains, consubstantiel au pillage capitaliste des territoires. C’est le fonctionnement d’un système criminel héritier d’une Histoire coloniale, et dont le présent est la continuité sanglante d’un système de classes, où une poignée de milliardaires amassent leurs fortunes sur la base de l’exploitation de la classe ouvrière et sur le pillage de la nature.

La peste ce sont les banques et les organismes usuriers qui font payer des dettes éternelles, illégitimes et odieuses à des dizaines de pays ; tout aussi odieuses que sont les aberrantes "dettes" envers les colonisateurs pour "compenser" la "perte" de leurs colonies [2].
La peste, ce sont les multinationales qui empoisonnent les rivières et détruisent les écosystèmes, qui s’approprient les sources d’eau et commettent des génocides contre les peuples (comme les multinationales BHP Billiton, Glencore et Anglo American qui sont en train d’exterminer le peuple Wayu en Colombie... Pour donner un exemple entre mille). La peste, ce sont les multinationales qui détruisent les forêts et font exploser des montagnes entières, transformant en zones mortes les vertes vallées de dizaines de pays.

Il est superficiel et peu analytique de déclarer « la peste c’est nous : tous les humains », sans faire de distinction de classes sociales, sans mettre en évidence la responsabilité systémique de la déprédation de la nature, sans identifier comme responsables majuscules les multinationales qui ordonnent l’extermination de populations entières par des massacres atroces dans le but de piller leurs ressources (massacres perpétrés par les outils militaires et paramilitaires d’États inféodés au pillage capitaliste) ; il est peu analytique de ne pas pondérer le caractère induit (par la propagande constante) du délirant comportement sur-consumériste. C’est être aveugle, ou mal intentionné, de ne pas discerner les questions géopolitiques... Et pourtant les chiffres parlent : si tous les habitants de la planète consommaient comme un étatsunien moyen, il faudrait 5 planètes Terre [3]. Les États-Unis et l’Union européenne, consomment à eux deux 50 % des ressources de la planète, alors qu’ils ne représentent que 12 % de la population mondiale [4]. On constate clairement que la surconsommation des ressources par une minorité, affecte l’ensemble de la planète. Les États-Unis, l’Europe, l’Australie et le Japon sont à la tête des régions dont l’empreinte écologique par habitant pèse le plus lourd sur la planète, et ce en raison de la consommation frénétique vers laquelle est télé dirigée leur population. La consommation compulsive prétend inutilement être une "compensation" du vide et des frustrations que ce même système génère. Andrew Collier exprime : « Regarder les gens dans une société capitaliste et conclure que la nature humaine est égoïste, c’est comme regarder les gens dans une usine où la pollution est en train de détruire leurs poumons et conclure que la nature humaine est de tousser ». Nous voyons que les niveaux d’aliénation et de dégradation de l’être humain, inhérents au système socio-économique déprédateur sous lequel il vit, deviennent chaque jour plus brutaux. De même, la déprédation des écosystèmes est chaque jour plus brutale (et ce malgré les mièvres pansements de ceux qui prétendent l’éviter sans remettre en cause le système). La déprédation de la nature, la disparition d’écosystèmes et d’espèces, et même la prolifération à un niveau pandémique de maladies zoonotiques, sont inhérentes à la logique et au modèle productif du capitalisme. « La production capitaliste dénature l’interaction métabolique entre l’être humain et la terre »[5]. La "rupture métabolique" provoquée par ce système, entre Mère Nature et ses enfants humains, est profondément aberrante : "Le fait que la vie physique et spirituelle de l’être humain dépende de la nature, signifie que la nature est en relation avec elle-même, car l’humain en fait partie." écrivait Marx. Et il soulignait : "Le capitalisme tend à détruire ses deux sources de richesse : la nature et l’être humain"[6].

Non, la "peste" ce n’est pas nous "les humains", ainsi de façon abstraite, et sans analyser les rapports de production, la géopolitique et l’existence des classes sociales dans ce système. Ce genre d’approche qui met dans le même sac les oppresseurs et les opprimés, ne cherche qu’à perpétuer cette barbarie. Face à l’écofascisme promu par la bourgeoisie, avec ses théories eugénistes, sa ligne de "tous-les-êtres-humains-sont-mauvais" qui prétend effacer les responsabilités concrètes de la classe exploiteuse, avec ses personnages hyper-médiatisés financés par de grandes multinationales prédatrices, nous, les peuples, nous élevons l’écologie que nous avons toujours pratiquée (souvent même sans l’étiqueter comme telle) : l’écologie avec une conscience de classe, celle de Berta Cáceres et Chico Méndes, celle de tant de militants pour la nature et la justice sociale, toujours en lutte contre la déprédation capitaliste... celle des milliers de personnes qui ont été assassinées par les hommes de main des multinationales, et des milliers et milliers qui continuent de lutter en première ligne. 

Depuis la classe exploitée, élevant la conscience de classe et notre amour pour la Terre, nous sommes la nature en lutte pour abolir ce criminel système de classes, basé sur l’exploitation et le saccage.

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NOTAS:
[1] Marx, El Capital, Capítulo XXIV, Acumulación Originaria
“La Banque mondiale est directement impliquée dans certaines dettes coloniales, puisqu’au cours des années 1950 et 60, elle a octroyé des prêts aux puissances coloniales pour des projets permettant aux métropoles de maximiser leur exploitation de leurs colonies. Les dettes contractées auprès de la Banque par les autorités belges, anglaises et françaises pour leurs colonies ont ensuite été transférées aux pays qui accédaient à leur indépendance sans leur consentement”.
[3] Estados Unidos consumen el 30 % de los recursos mundiales, a pesar de que representan solo el 5 % de la población mundial. www.chicagotribune.com/hoyla-diadelatierra-los-10-paises-que-generan-mas-basura-en-el-mundo-20190422-story.html
5 % de la población mundial, los estadounidenses, producen tres veces más desechos que los chinos y siete más que los etíopes.www.lavozdegalicia.es/noticia/mercados/2019/09/29/humanidad-devora-tierra/0003_201909SM29P2991.htm
[4] La huella ecológica de la UE es equivalente a 2,8 planetas Tierra. La Unión Europea utiliza el 20% de los recursos naturales mundiales, pese a que demográficamente sólo representa el 7% de la población global. WWF y Global Footprint Network, informe “Vivir por encima de los límites de la naturaleza en el mundo” www.awsassets.wwf.es/downloads/wwf_overshoot_europa_esp_.pdf
[5] Concepto de la “fractura metabólica” de Marx, central para una crítica integral al capitalismo: “(La producción capitalista) distorsiona la interacción metabólica entre el ser humano y la tierra. (…) La propiedad de la tierra a gran escala reduce la población agrícola a un mínimo constantemente decreciente, confrontado con un constante crecimiento de la población industrial conglomerada; de esta manera, produce las condiciones que provocan una fractura en el proceso interdependiente entre el metabolismo social y el natural.”. Para Marx: “El hecho de que la vida física y espiritual del ser humano dependa de la naturaleza no significa otra cosa sino que la naturaleza se relaciona consigo misma, ya que el humano es una parte de ella.” (Marx, Manuscritos Económico-filosóficos, 1844): https://n9.cl/6s8d
[6] “La industria a gran escala y la agricultura industrial van de la mano. Si ellas están originariamente distinguidas por el hecho de que la primera deja residuos y arruina a la fuerza de trabajo, y así la potencia natural del ser humano; mientras que la segunda hace lo mismo a la fuerza natural del suelo, ellas terminan vinculándose dado que el sistema industrial aplicado a la agricultura acaba por debilitar a los trabajadores, mientras que la industria provee a la agricultura con los medios para el agotamiento del suelo” (Marx). “Todo progreso de la agricultura capitalista no es solo un progreso en el arte de esquilmar al obrero, sino a la vez en el arte de esquilmar el suelo; todo avance en el acrecentamiento de la fertilidad de un periodo dado, es un avance en el agotamiento de las fuentes duraderas de esa fertilidad [...] La producción capitalista sólo sabe desarrollar la técnica y la combinación del proceso social de producción socavando al mismo tiempo las dos fuentes originales de toda riqueza: la tierra y el humano” (Marx, primer tomo de “El Capital”)
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Texte original écrit en espagnol, traduction pour ce texte par Rose Marie Lou (révision de traduction C. Zamudio)
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3.30.2020

Sans maison ni eau : travailleurs migrants, capitalisme et esclavage au temps du coronavirus


Sans maison ni eau : travailleurs migrants, capitalisme et esclavage au temps du coronavirus

Les travailleurs les plus exploités, les femmes et les hommes migrants qui travaillent dans l’industrie agro-alimentaire pour un patronat esclavagiste, ces êtres humains qui travaillent pour nous nourrir, n’ont ni maison, ni eau. Et le soi-disant "plan" gouvernemental pour les secteurs les plus précaires en période de pandémie, consiste à envoyer des militaires dans les bidonvilles improvisés, à leur ordonner de "rester chez eux". Les travailleurs leur disent qu’ils n’ont pas d’eau et qu’ils craignent pour leur santé, mais la réponse est seulement la répression : ce qui aggrave la situation, car la gestion des déchets se complique sans aucun système d’assainissement[1]. «Il y a des femmes et des enfants dans les campements... Il est très difficile de rester à la "maison" sans nourriture. On ne peut pas rester sans travailler. Nous réclamons de l’eau. Nous sommes comme toujours, les invisibles, ceux dont personne ne se soucie au-delà de nous exploiter, c’est-à-dire des gens qui vont travailler, puis c’est comme si nous n’existions pas» [2].

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10.21.2019

Le peuple chilien en lutte contre le capitalisme et sa barbarie


Le peuple chilien en lutte contre le capitalisme et sa barbarie
Par Cecilia Zamudio



Les peuples se soulèvent contre le capitalisme et l’appauvrissement qu’il entraîne pour la majorité, pour la classe exploitée. Au début du mois d’octobre, le peuple équatorien s’est massivement soulevé pour rejeter les injonctions du FMI[1], tout comme l’a fait le peuple haïtien appauvri par des siècles d’une «dette» fallacieuse datant de l’époque coloniale[2], maintenant, c’est le peuple chilien qui se soulève contre le pillage capitaliste, contre l’exploitation et la précarisation des conditions de vie. Il se soulève contre le pillage perpétré par les multinationales minières, énergétiques, agro-industrielles (etc.), celles qui dévastent des rivières, des forêts, des montagnes et des glaciers, celles qui exterminent le peuple Mapuche, les autres peuples indigènes et les petits paysans. Le peuple chilien se dresse contre la rapine légalisée du capitalisme. Il se soulève contre les diktats du Fonds Monétaire International et d’autres institutions impérialistes, contre les dettes inutiles et infâmes contractées par les gouvernements fantoches : des dettes et leurs intérêts usuriers, que si le capitalisme continue à régner, la classe exploiteuse fera payer aux peuples en hypothéquant la santé, l’éducation, les ressources naturelles, etc.

Les «prêts» imposés par le FMI sont des dettes totalement inutiles (et plus encore pour des pays aussi riches en ressources que le Chili ou l’Équateur) : le problème est que les ressources sont pillées par le capitalisme transnational, la richesse est volée au lieu de servir au bien-être des communautés, la nature est anéantie sur l’autel de l’accumulation capitaliste d’une minorité, la souveraineté alimentaire n’existe pas lorsque la terre est entre les mains de la propriété privée. Le problème, c’est le système, et bien sûr, l’appauvrissement causé par le pillage capitaliste ne peut pas se résoudre par encore plus de pillage. Les «prêts» du FMI sont un mécanisme prédateur : les sommes seront consacrées au paiement des besoins en infrastructures des multinationales extractives (pour accroître le pillage qu’elles commettent déjà), au paiement des intérêts usuriers des dettes précédentes, aux poches de la bourgeoisie ; et c’est le peuple qui devra payer les emprunts et leurs intérêts, dans cet esclavage aberrant qui broie les vies et les écosystèmes.
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10.01.2019

Le Maquillage Vert du Capitalisme ne change pas son essence prédatrice: la fable Greta et ses limites



Le Maquillage Vert du Capitalisme ne change pas son essence prédatrice: la fable Greta et ses limites



Les véritables écologistes de ce monde sont les peuples qui luttent contre la déprédation perpétrée par les multinationales : ceux qui donnent leur vie pour leurs communautés, pour les montagnes et les rivières. Chaque mois, des dizaines de ces véritables écologistes sont assassinés dans leurs pays : les balles des tueurs à gages du capitalisme transnational font exploser leurs têtes pleines d’honnêteté et de lutte, et ils meurent les mains propres, des mains qui n’auront jamais serré les mains infâmes du FMI, ni celles des autres vampires de la planète. La classe exploiteuse et son système capitaliste se perpétue sur la base de l’extermination et de l’aliénation : sur la base de la violence, mais aussi sur la base du mensonge qu’elle impose au moyen de ses médias de masse.

Sur plusieurs
photographies et vidéos, on peut voir Greta Thunberg, le nouveau personnage hyper-médiatisé par l’appareil culturel du capitalisme, avec Christine Lagarde, directrice du FMI et candidate à la BCE (le FMI, cette institution du capitalisme transnational qui pille la nature et affame des peuples entiers). Une poignée de mains qui illustre bien la joie des maîtres du monde saluant ceux qui les servent dans l’importante tâche d’infiltrer toutes les luttes avec des Chevaux de Troie qui mènent les énergies vers des impasses, qui manipulent les majorités dans des pseudo luttes qui ne touchent jamais à la racine des problèmes, et donc ne les résolvent pas. Le capitalisme qui est en train de détruire la nature, et la classe exploiteuse qui s'en bénéficie, ne sont pas remis en question par la Fable « Greta ». La planète meurt et la classe dominante continue avec son Cirque. C’est le cynisme absolu.

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6.24.2015

Accélération de l’accumulation capitaliste en Amérique Latine: la Colombie comme archétype

Accélération de l’accumulation capitaliste en Amérique Latine: la Colombie comme archétype

Par Cecilia Zamudio

La situation politique en Amérique Latine s'inscrit dans une situation mondiale dans laquelle s'accélère l'accumulation capitaliste par le biais d'une plus grande exploitation des travailleurs, d'une plus grande déprédation de l'environnement, et d’une augmentation des guerres impérialistes. Il y a une intensification du pillage contre les peuples d'Amérique Latine, et une intensification du terrorisme d'État qui garantit l'accumulation capitaliste. Cette action mortifère menée par les armées officielles et leurs respectifs instruments paramilitaires, se voit de manière tangible dans des pays comme le Mexique, la Colombie, le Pérou, le Honduras, le Paraguay, etc. La lutte des classes s'approfondit, avec une tentative d'extermination des militants sociaux de la part des différentes oligarchies et du grand capital transnational: en mettant en marche diverses stratégies d'intervention et en renforçant les structures du narcotrafic pour que celles-ci servent au travail de la terreur. L'actualité mexicaine rappelle beaucoup le schéma répressif mis en œuvre contre la Colombie depuis plusieurs décennies: essor du narcotrafic avec connivence étatique, et utilisation de celui-ci pour fomenter plus de groupes paramilitaires dont la fonction est d'exterminer les communistes et les autres activistes sociaux. Cette augmentation de la guerre oligarchique contre les majorités entraîne aussi la réponse populaire: grandes mobilisations et luttes des peuples.
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